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13/10/2007

2 mois et 1 semaine au Sud Soudan

Bonjour tout le monde! Je me décide enfin à poster des nouvelles après un long silence radio indépendant de ma volonté! Enfin si, c'est ma faute, ou plutôt, c'est faute de temps et d'inspiration que je n'ai rien écris depuis des lustres. Pareil pour les photos, je ne pense jamais à en prendre et le problème aussi est qu'il faut faire trés trés attention lorsque l'on prend des photos dans la rue. Comme partout en Afrique mais encore plus dans un contexte comme celui du Sud Soudan où les militaires, milices et policiers sont partout. Il faut donc faire attention à ce que l'on prend en photo, comme l'a récemment appris à ses dépends mon amie Maite de l'ONG Goal... Rien de grave, mais une bonne frayeur...

Sinon, vous comprendrez bien que je ne vais pas m'attarder sur la situation politique actuelle, je vous laisse faire vos propres recherches si ça vous intéresse, je préfère ne pas m'étendre là-dessus sur ce blog. Disons simplement que les prochains jours vont être cruciaux. La tension est montée d'un cran jeudi, tout comme l'inquiétude de la communauté internationale au Sud Soudan (et à Malakal en particulier, car trés proche de la "frontière" avec le Nord...). Je suis depuis 3 semaines et pour encore 2 semaines le point focal des ONGs pour la sécurité à Malakal, ce qui veut dire que j'ai encore plus de boulot ces derniers jours... Mon rôle, en gros, est de faire le lien entre les UNs et les ONGs pour tout ce qui touche à la sécurité afin de faire circuler un maximum d'information. Les ONGs ici ont mis en place un système où chaque ONG occupe cette fonction à tour de rôle. Et bien sur, quand il se passe quelque chose de trés sérieux comme en ce moment, il faut que ça tombe sur moi...!

La pluie se fait de plus en plus rare à Malakal, la poussière a remplacé la boue (pas partout!).. Les températures grimpent, pas de doute, je suis en Afrique! Ma fosse septique déborde dans la rue, mon générateur fait des siennes (plus d'électricité publique depuis plus d'un mois), l'eau d'ici, même bouillie, est vraiment dégueulasse, les démissions au sein de mon staff continuent, je n'ai plus d'administrateur-comptable donc, c'est pour ma pomme et les problèmes de discipline sont permanents. Ca n'est qu'un échantillon des problèmes quotidiens qui pompent l'énergie des expatriés ici, au moins au sein des ONGs. Mes propres réserves d'énergie diminuent tous les jours, le stress des responsabilités, des conditions de vie et de sécurité n'aidant pas... 18 jours avant mon break, croyez-moi, je l'attends celui-là!

Mais tout n'est pas noir (...), il y a aussi de bonnes choses à retenir. Je crois avoir réussi à créer un esprit d'équipe au sein de mon staff, le courant passe de mieux en mieux, avec la plupart en tout cas. Les chaussures de Chef de projet me semblent moins grandes aujourd'hui même si il me reste une montagne de choses à accomplir. Un autre expatrié arrive mardi pour 6 mois, Ikwawe, Kenyan, qui sera Chef de Base en charge de l'administration et de la Logistique. Je pourrais donc me concentrer sur le projet d'Education au Danger des Mines à 100%.

Comment vous décrire ce que l'on fait? Il y a en fait 3 types d'activité principales:

1) Nous formons des membres de la communauté afin qu'il fasse passer des messages de prévention à la population. Ces individus appartiennent à des groupes pré-déterminés (Association de Femmes, groupes de Jeunes, travailleurs humanitaires, personnels de santé, chefs locaux, religieux, enseignants, etc...). Nous attendons d'eux qu'ils éduquent la population aux dangers des mines, qu'ils enseignent les attitudes à adopter en cas de rencontre avec une mine ou un obus non-explosés (qui sont partout au Sud Soudan). Comme me le disait quelqu'un de UNMAO (le bureau des Nations Unies en charge de la lutte anti-mines), le Soudan a connu 30 ans de guerre civile, il faudra donc 30 ans pour déminer les pays (si la situation reste calme...). Bref, il y a du travail.

2) Nous menons des sessions de prévention directement auprès de populations cibles (les enfants, les personnes vivant en bordure de champs de mines, les réfugiés de retour au pays, etc.).

3) Nous nous efforçons de collecter des informations sur la présence de mines et les accidents liés aux mines autours de Malakal et dans le reste des états où nous travaillons (le Upper Nile et le Jonglei). Ces informations sont ensuite utilisés par les agences en charge des activités de déminage. En gros, voilà la raison d'être de notre projet ici.

Le temps libre se fait rare. Je passe le plus clair de mes soirées à regarder un film où à rendre visite à mes voisins de l'ONG Goal. Soirée surréaliste hier soir: nous sommes allées au quartier général des Nations Unies où tous les vendredi soir, il y a ce que l'on appelle la "Happy Hour": mauvaise musique et bière à volonté... Ca valait le déplacement ne serait-ce que pour voir les casques bleus indiens se trémousser sur la piste et graviter autours des quelques femmes présentes, objets de bien des convoitises dans un monde majoritairement masculin! Dans un contexte aussi difficile que celui de Malakal, chaque occasion de se détendre est bonne à prendre. La chef des UNs dansent comme si sa vie en dépendait, les bières s'accumulent sur la table... Moi, j'ai bien rigolé avec mon pote Caoimhin de Goal et Jasneet de UNOPS. Retour à la maison avant le couvre-feu de 23h, retour à la réalité aussi sur le chemin du retour, quand on croise deux 4x4 remplis de militaires sud soudanais visiblement éméchés. Mieux vaut ne pas s'attarder...

La suite au prochain épisode. Merci pour les mails, je n'ai pas encore pu répondre à tout le monde mais je le ferai dés que possible. A bientôt et plein de bonnes choses depuis Malakal!

PS: Stéphane, aucun risque de me voir rester ici 2 ans, crois-moi!

 

08/08/2007

Juba 2

Entre les briefings divers et variés que je reçois de l'équipe ici à Juba,
j'ai pu rapidement faire un tour en voiture à travers Juba. Pas de photos à
vous montrer, je ne suis pas sur que ce soit trés simple pour
moi d'en poster sur ce blog pour le moment, j'essayerai dés que possible.

On entend souvent des remarques un peu débiles sur les ONGs ou les UNs dans
"leurs gros 4x4"... En même temps, sans 4x4 ici, bon courage ! Il n'y a pas
de routes goudronnées, que des pistes défoncées, surtout en ce moment vu que
c'est la saison des pluies. A coté, ma rue/piste à Kigali me semble une
autoroute ! A chaque flaque (marre) franchie, je me rappelle mes virées en
vélo à Eguilles après une grosse pluie. Il y a des chèvres absolument
partout, impossible de comprendre à qui elles appartiennent mais c'est
quelque chose de les voirs zigzaguer au milieu du traffic !

Les constructions en dur sont rares et vetustes. Beaucoup de maisons en
tole, des huttes circulaires traditionnelles et quelques rares immeubles de
3 étages maximum, batiments officiels pour la plupart. Les ONGs sont dans
des maisons en dur, petits compounds qui font office de
maison et bureau. C'est marrant, les proches voisins de HI à Juba c'est
Right to Play !

Voilà, la découverte continue, je m'acclimate petit à petit. Il fait chaud
et lourd mais c'est supportable. Les moustiques le soir venu, beaucoup
moins...

07/08/2007

Juba

Je profite de mon passage par Juba et d'un acces Internet pour envoyer les
premieres nouvelles du Soudan !!!

Alors, apres un bien long voyage, me voici dans mon petit avion a l'approche
du Soudan... Maman, ne lis pas la suite...

Donc tout se passe bien, quand nous amorçons la descente vers Juba dans une
nuée de nuages bien fournis, tres bien fournis... C'est marrant quand meme,
quand je regarde par le hublot, je ne vois que du blanc... Et puis ca bouge
pas mal quand meme... "Je n'ai jamais vu ca a Juba" me dit ma voisinne
kenyanne pour me rassurer... Long silence... "Non vraiment jamais !"... Tres
bien... Oh ben tiens, voila la pluie. La vraie, pas comme celle qui fait
doucement rigoler a Nice par exemple... Tres bien... Je me retroune vers mon
autre voisin chinois pour partager ce grand moment de solitude... Il
consulte frenetiquement la notice de securite de l'avion, ok, ok... Bon, eh
ben, allons-y pour l'atterissage... No comment... Je suis toujours là
puisque vous lisez ces lignes ! Attente de 30 minutes tout de même dans
l'avion sur le tarmac le temps que le typhon s'arrete... Il vient de
reprendre d'ailleurs...

Juba, de ce que j'en ai vu, c'est une grande marre de boue avec quelques
arbres bien verts, des chevres, des 4x4 par milliers, des cases en terre et
pas mal de monde partout. Rien, mais alors rien a voir avec Kigali qui
m'apparait aujourd'hui comme l'El Dorado ultime... Malakal, c'est encore
plus de boue parrait-il... Je verrais ça apres-demain, je passe 2 nuits
Juba.

La maison/bureau ici est plus que plus que basique. Le confort, on oublie.
Je vous passe les détails. Ma maison a Kigali me semble si belle là tout de
suite...! Mais je n'oublie pas que dans 2 semaines je n'y penserai meme
plus, faut juste se réhabituer...

Voilà, premier tableau du Soudan. Le moral est bon, faut juste que je me
trouve quelques repères.

Là suite, je ne sais pas quand, avant pas trop longtemps j'espère !